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Kèmi et le Bénin : une connexion au-delà des mots

Martiniquaise d’origine et résidant en France, Corinne connue sous le nom de Kèmi, entretient un lien profond et singulier avec l’Afrique, et plus particulièrement avec le Bénin.
Tout commence en 2009, année de sa première découverte du pays. Ce qui aurait pu être un simple voyage s’est transformé en une véritable révélation personnelle. Le Bénin n’est pas seulement devenu une destination pour elle, mais un espace d’ancrage, presque une évidence.

Dans une interview accordée à Merveil Bossou dans l’émission Le P’tit Salon, Kèmi revient sur ce moment fondateur, marqué par une expérience intense à Porte du Non-Retour, dans la ville historique de Ouidah :
« Je suis tombée littéralement amoureuse du Bénin, plus particulièrement de Ouidah. Quand j’arrive devant la Porte du Non-Retour, où je vois des hommes et des femmes pieds et mains liés, je ne sais pas ce qui se passe dans mon intérieur. Ce n’est pas une histoire qui se raconte, mais c’est une histoire qui se vit… »
Une expérience qu’elle qualifie elle-même d’indescriptible, presque mystique. Pour Kèmi, ce lien dépasse la logique ou les mots : il relève d’une véritable connexion spirituelle.
« Je ne me sens pas chez moi, je suis chez moi. »
Ces paroles traduisent toute la profondeur de son attachement. Le Bénin, qu’elle considère comme la terre de ses ancêtres, est devenu pour elle un lieu de reconnexion identitaire et émotionnelle.
Cet amour sincère l’a conduite à poser un acte fort : en 2015, elle y fait construire sa maison. Un choix symbolique et concret, qui marque son enracinement et son désir de maintenir un lien constant avec cette terre.
Entre la France et le Bénin, Kèmi vit ainsi un va-et-vient chargé de sens. Mais loin d’être anodin, ce mouvement est vécu comme une nécessité intérieure :
« Quand je repars en métropole, c’est comme si j’étais déconnectée… et chaque fois, je suis obligée de venir me reconnecter à la source. »
À travers ses mots, se dessine une quête d’identité nourrie par l’histoire, la mémoire et la spiritualité. Kèmi s’inscrit dans cette dynamique de retour aux origines, portée par de nombreux membres de la diaspora africaine.
Au-delà de son parcours personnel, elle affirme également une vision forte :
« Je m’identifie à travers la force de l’Afrique, à travers la force de la femme, plus particulièrement. »
Un engagement qui fait écho à ses prises de position et à son implication dans des causes sociales, notamment en faveur des femmes.
Ainsi, l’histoire de Kèmi avec le Bénin dépasse le simple attachement affectif. Elle incarne une reconnexion profonde à ses racines, une immersion dans une mémoire collective, et une célébration de l’Afrique comme source de force, d’identité et de renaissance.
